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Le druidisme

Etymologie

Le sens du mot reste discuté. Il nous a été transmis par sa forme latinisée druidae (Cicéron) et par les gallois derwydd, et irlandais druid.

Les spécialistes s’accordent à reconnaître dans le second terme la racine *wid, « savoir, voir » qui signifie aussi « bois », tandis qu’ils ne s’accordent pas sur le premier : préfixe intensif indo-européen *dru, « dur, fort » d’où le sens donné le plus souvent de « très savants » ou *der-w/dr-ew, « ferme, solide »

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Origines

Certains, s’appuyant sur Jules César : « on croit que leur doctrine est née en Bretagne, et a été apportée de cette île dans la Gaule… », ont suggéré une origine préceltique au druidisme, tandis que pour d’autres le druidisme n’est attesté qu’en Gaule (Jean-Louis Brunaux). On peut cependant rapprocher cette institution du brahmanisme (voir aussi les flamines à Rome). Elle aurait donc une origine indo-européenne, sans exclure qu’elle ait pu intégrer localement des éléments issus de la civilisation atlantique.

Statut

Le druide appartient à la fonction sacerdotale, première des trois fonctions de la société indo-européenne (les deux autres étant la fonction guerrière et la fonction productrice)

Les druides constituent une véritable classe professionnelle, ils sont dispensés de service militaire et sont exempts de toute charge.

Sous l’autorité d’un chef élu, ils se réunissent une fois par an dans la forêt des Carnutes pour traiter des questions importantes et régler les différends entre les peuples.

Les femmes peuvent exercer cette fonction, telles les Gallisenae de l’île de Sein.

 Fonctions

Les druides ne sont pas que des prêtres et exercent des fonctions multiples.

Chefs politiques : Certains même sont à la fois chef politique et druide.

Prêtres : Ils assurent le culte religieux (pratique de la divination, des prophéties et des sacrifices dont peut-être des sacrifices humains)

Juges : Ils jouent un rôle de médiateurs entre les humains et agissent comme de véritables juges.

Enseignants : L’apprentissage des futurs druides, uniquement oral, dure vingt ans car la religion interdit de confier ces cours à l'écriture. Ils enseignent aussi des rudiments scolaires aux enfants de l’aristocratie.

Savants : Ils privilégient l’étude de l’astronomie, indissociable de la religion, des mathématiques et de la botanique.

Philosophes : Ils croient que les âmes ne meurent pas mais passent après la mort d'un corps dans un autre.

Médecins-guérisseurs : La médecine est à cette époque un mélange de connaissances des plantes et de rituels magiques. Le plus connu est la cueillette du gui.

Evolution et disparition

Les druides de Gaule puis de Bretagne, sont persécutés par le pouvoir romain non en raison de leur rôle religieux mais pour le pouvoir politique qu’ils exercent, même si à l’époque de la conquête romaine le druidisme a déjà perdu de son influence sur la société.

Le druidisme survit en Irlande restée en dehors de l’Empire romain jusqu’à l’assimilation chrétienne au début du Moyen Age.

Emission 2000 ans d’histoire - Les druides





Bibliographie

LEROUX Françoise et GUYONVARC’H Christian-J., Les druides, Ouest-France, Coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », 1986, 448 p.

LE STUM Philippe, Le néo druidisme en BretagneOrigine, naissance et développement, 1890-1914, Ouest-France, Coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », 1998, 312 p.

GREEN Miranda, Les Druides, Editions Errance, traduction Claire Sorel, 2000, 192 p.

GIGOUREL Thierry, Les druides, Coop Breizh, 2002, 154 p.

CHARTIER Erwan, la construction de l’interceltisme en Bretagne des origines à nos jours
http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/57/53/35/PDF/TheseChartier.pdf

BRUNAUX Jean-Louis, Les druides, des philosophes chez les barbares, Seuil, 2006

Emission 2000 ans d’histoire - Les druides